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Grève du 5 novembre à Bordeaux : retour sur une journée record de manifestants

Kyllian
6 novembre 2026

La grève du 5 novembre, le mouvement de grève nationale lancée par cinq syndicats tels que la CGT, la CFDT ou encore la FO a été un véritable bain de foule dans les rues de Bordeaux. Une journée massivement soutenue avec un nombre à retenir : 120.000. Le nombre de personnes qui seraient descendues dans les rues hier dans un cortège immense selon les syndicats de la CGT. La préfecture de la Gironde en aurait recensée quelque 21.000. Revivez la journée point par point.

La grève du 5 novembre massivement relayée par les syndicats.
L'immense cortège intersyndicale se déplace vers la Place de la Victoire. © BOUJU Kyllian/Collection personnelle

Une journée de manifestation marquée par un record

La grève du 5 novembre a été marquée par de nombreuses revendications, de nombreux mouvements sociaux mais avant-tout marquée par la foule. Une importante foule s'est réunie sur les coups de 12:30 Place de la République. Une place noire de monde avec différentes personnalités et revendications. Mme. Grivo, professeure au lycée professionnel Nicolas Brémontier témoigne : "Nous sommes contents que les lycéens se soient mobilisés et d'être là avec eux car ce sont des choses que l'on réclame depuis 20 ans. On était aussi mobilisés devant notre lycée avec nos élèves qui bloquent depuis 3 semaines avant les vacances. Tant qu'il n'y aura pas de changements, on continuera de manifester."

Un bilan clair qui indique un ras-le-bol total des Bordelais. Un ras-le-bol relayé par près de 120.000 personnes selon les syndicats de la région et 21.000 personnes d'après la préfecture. Un record jamais enregistré depuis le début de ces manifestations à Bordeaux.

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"Le mouvement est en train de prendre de la puissance" : les syndicats plein d'espoirs

Dans le cortège de la grève du 5 novembre à Bordeaux, les représentants syndicaux veulent croire à une mobilisation qui s’installe. « Le mouvement est en train de prendre de la puissance », estime Jean-Charles, syndicaliste à la CGT. Pour lui, l’unité syndicale et l’arrivée de nouveaux manifestants doivent permettre de peser davantage sur le gouvernement. Ses attentes portent notamment sur le partage des richesses, les difficultés financières des travailleurs et les moyens accordés à la jeunesse. « Ah oui, il y a de l’espoir, heureusement, parce que sinon, on n’avancerait plus », insiste-t-il.

Du côté de la FSU-SNUipp 33, le premier syndicat des personnels de l’Éducation nationale du premier degré, Cendrine Caron, représentante syndicale, constate elle aussi une participation plus importante qu’en septembre. Elle réclame davantage de moyens pour l’éducation et défend le maintien des enseignants pour mieux encadrer les élèves. Mais cet espoir se heurte au découragement de certains collègues, qui doutent encore de l’utilité de la grève. "Les chiffres indiquent 16% de professeurs mobilisés surtout dans le secondaire, et je le dis, il n'y a toujours pas assez de primaire." murmure-t-elle. Pour la représentante syndicale, il faut pourtant continuer à se mobiliser. Interrogée sur son soutien aux prochaines manifestations, sa réponse est sans hésitation : « Oui, tout à fait. »

La Place de la Victoire : le point d'orgue du cortège

Après plusieurs heures de mobilisation, la manifestation du 5 novembre à Bordeaux a rejoint son terminus place de la Victoire. Selon le bilan préfectoral, le cortège entier y est arrivé vers 16h30, au terme d’un défilé qui avait suivi son parcours déclaré sans incident. Depuis le rassemblement de la mi-journée place de la République, l’itinéraire conduisait les participants vers Gambetta, Tourny et la porte de Bourgogne, avant de rejoindre la Victoire.

manifestant victoire
Un manifestant brandit une pancarte devant l'obélisque de la Victoire. Un geste fort vu par tout le cortège. © BOUJU Kyllian/Collection personnelle

Cette dernière étape venait clore une marche contre la vie chère. Des salariés, des jeunes et des retraités avaient partagé cette journée de mobilisation pour défendre leur pouvoir d’achat et les services publics. Jean, ancien maire d'une commune des Cévennes aujourd'hui retraité était même ému en parlant de cette manifestation. "En mai 68, j’avais 14 ans, je me suis bien amusé. Aujourd’hui de voir que la jeunesse se mobilise massivement me touche. On avait l’impression que tout était mort et que le fric l’avait emporté sur la raison."

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Pourquoi un tel écart entre les chiffres de la Préfecture et ceux des syndicats ?

La grève du 5 novembre à Bordeaux marque un pic de participation parmi les quatre journées étudiées. Avec environ 21 000 manifestants selon la préfecture de la Gironde et 120 000 selon la CGT, elle dépasse les estimations des rassemblements des 17, 24 et 31 octobre. Les deux décomptes dessinent toutefois des évolutions différentes. Entre les 24 et 31 octobre, la préfecture constate une baisse, de 15 500 à 11 000 participants.

foule porte de bourgogne
Le cortège interminable à Porte de Bourgogne. Une manifestation pacifique et calme. © BOUJU Kyllian/Collection personnelle

Les syndicats annoncent au contraire une progression, de 60.000 à 70.000 personnes. Il faut donc conserver l’attribution de chaque chiffre : ces estimations ne constituent pas un comptage commun.

DatesPréfecture de la GirondeEstimation syndicaleSources
17 octobre7.000100.000 - CGTChiffres rapportés par l’Observatoire girondin des libertés publiques.
24 octobre15.50060.000 - syndicatsCommuniqué préfectoral et bilan du Parisien.
31 octobre11.00070.000 - syndicatsBordeaux Gazette et dépêche AFP.
5 novembreEnviron 21.000120.000 - CGTBilan de l’agence Anadolu.

Alors, qu'est-ce qui explique un tel écart entre les deux communiqués ? Le nombre obtenu dépend très souvent de la méthode employée, du lieu d’observation et de la durée du comptage. Compter les passages à un point fixe ou estimer la densité d’une foule sur une place répond à des logiques différentes. Les arrivées tardives, les départs anticipés et les déplacements par des rues parallèles compliquent également l’exercice.

Un "six-seven populaire" : un appel à la mobilisation ce vendredi et ce samedi

Après la grève du 5 novembre à Bordeaux, la contestation pourrait se prolonger jusque dans le week-end. La Coordination des Gilets jaunes appelle à un « six-seven populaire » les vendredi 6 et samedi 7 novembre. Un nom qui fait référence à l’expression rendue virale par la jeunesse, tout en reprenant les dates de ces deux journées. L’objectif annoncé : reconduire et élargir la grève dès vendredi, puis organiser des blocages et des manifestations samedi, dans le cadre d’un quatrième acte national.

Un appel qui s’adresse notamment aux salariés, aux militants et aux organisations syndicales pour maintenir la pression sur le gouvernement. La coordination réclame également des états généraux réunissant les différents secteurs mobilisés afin de construire des revendications communes. Derrière le clin d’œil aux réseaux sociaux, les organisateurs affichent donc une volonté claire : donner une suite à la mobilisation du jeudi et inscrire le mouvement dans la durée.


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